Mors à olives, à aiguilles, simple ou double brisure, canon droit en caoutchouc : derrière le mot mors de filet se cache toute une famille d’embouchures, plus ou moins douces selon leur forme et leur matière. Toutes ont un point commun : elles agissent sans effet de levier, directement sur la bouche du cheval. Apprendre à les reconnaître et à comprendre leur action fait partie du programme du Galop 4. On passe ici en revue les modèles les plus courants, leur action et la façon de choisir le bon.
Qu’est-ce qu’un mors de filet ?
Le mors de filet est la pièce métallique, ou parfois en caoutchouc ou en résine, qui se place dans la bouche du cheval, sur les barres, cet espace sans dents entre les incisives et les molaires. Il se compose de deux éléments : l’embouchure, c’est-à-dire le ou les canons posés dans la bouche, et les anneaux, situés de chaque côté, où viennent se boucler les montants du filet et les rênes.
Sa particularité, c’est qu’il agit sans levier. Quand le cavalier ferme les doigts, la tension de la rêne se transmet directement à l’embouchure, qui appuie sur la langue, les barres et les commissures des lèvres. C’est ce qui le distingue du mors de bride, muni de branches et d’une gourmette, qui démultiplie l’action de la main. Le mors de filet reste donc le plus simple et le plus doux des mors, celui qu’on utilise pour apprendre et dans la grande majorité des disciplines. Il s’installe sur le filet, dont il est la seule pièce métallique avec les anneaux.
Les grandes familles de mors de filet
On classe les mors de filet de deux manières : par la forme de leurs anneaux, qui change leur stabilité dans la bouche, et par la forme de leur embouchure, qui change la répartition de l’appui. Voici les modèles que tu croiseras le plus souvent en club.

Le choix des anneaux
Le mors à anneaux libres, aussi appelé mors de Chantilly, porte des anneaux ronds qui tournent librement dans l’embouchure. Cette mobilité invite le cheval à mâchonner et à rester décontracté, mais elle peut pincer un peu les commissures sur une bouche sensible. C’est le mors le plus classique et le plus répandu. Le mors à olives remplace ces anneaux ronds par des anneaux fixes en forme d’olive, qui ne tournent pas et qui protègent mieux les lèvres : un choix doux et stable, souvent conseillé pour débuter ou pour les chevaux délicats de la bouche.
Le mors à aiguilles, enfin, ajoute deux longues branches verticales de part et d’autre de la bouche. Ces aiguilles appuient sur le côté du chanfrein quand on tourne et empêchent le mors de glisser à travers la bouche : on l’utilise beaucoup pour éduquer les jeunes chevaux à la direction. Son action est un peu plus vive que celle d’un mors à olives ou à anneaux.
Le choix de l’embouchure
La simple brisure est l’embouchure la plus connue : un seul point d’articulation au milieu. Quand la main agit, elle se plie et produit un léger effet de pince, parfois appelé casse-noisette, qui appuie sur la langue et les barres. La double brisure, ou mors français, ajoute un petit maillon central. Ce deuxième point d’articulation supprime l’effet de pince, épouse mieux la bouche et répartit l’appui sur une plus grande surface : son action est plus douce et plus progressive.
Le canon droit, ou mors droit, n’a aucune articulation : c’est une barre unique, à peine incurvée, souvent en caoutchouc ou en résine. L’appui se fait sur toute la langue d’un coup, sans aucun pincement, ce qui en fait l’une des embouchures les plus douces. On le réserve aux bouches très sensibles ou aux chevaux qu’on veut rassurer.
Les mors de filet usuels
Par les anneaux
- Anneaux libres : mobile, mâchonne
- Olives : fixe, doux
- Aiguilles : dirige le jeune cheval
Par l'embouchure
- Simple brisure : effet de pince
- Double brisure : plus doux
- Canon droit : le plus doux
L'action
- Sans levier
- Appui langue et barres
- À choisir selon la bouche
Acier, cuivre ou caoutchouc : la matière compte
À forme égale, la matière change le ressenti du cheval. L’acier inoxydable est le plus courant : solide, neutre, facile à entretenir. Les alliages riches en cuivre, comme le sweet iron ou l’aurigan, ont un goût qui favorise la salivation et donc une bouche plus humide et plus décontractée. Le caoutchouc, le cuir et les résines comme le Nathe offrent un contact tiède et moelleux, idéal pour les jeunes chevaux ou les bouches abîmées. Retiens un principe simple : plus le canon est épais, plus l’appui se répartit et plus le mors est doux, à condition que la bouche du cheval soit assez grande pour l’accueillir.
Choisir et régler le bon mors
Le premier critère, c’est la largeur. Un mors de filet se mesure en millimètres, d’un anneau à l’autre, et doit dépasser d’environ un demi-centimètre de chaque côté des lèvres. Trop large, il glisse et flotte dans la bouche, trop étroit, il pince les commissures. Les tailles courantes vont de 125 mm pour un poney à 145 mm pour un grand cheval. Une fois en place, on vérifie sa hauteur comme sur tout filet : il doit former un ou deux petits plis au coin des lèvres.
Pour débuter, inutile de chercher compliqué. Un mors à olives ou à anneaux, en simple ou double brisure, en acier ou en cuivre, d’épaisseur moyenne convient à l’immense majorité des chevaux de club. La sévérité d’un mors ne tient pas à son nom mais à sa finesse, à ses articulations et aux mains qui le tiennent : un mors réputé doux devient dur dans une main qui tire, et un mors plus vif reste correct dans une main légère. Le meilleur mors, au fond, c’est celui que le cheval accepte sans défense, dans une bouche calme et humide.
Teste tes connaissances

Quiz : les mors de filet
6 questions-
Sur la planche, comment se nomme le mors numéro 1 ?
Le numéro 1 est le mors à anneaux libres, ou mors de Chantilly : ses anneaux ronds tournent dans l’embouchure.
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Sur la planche, le mors numéro 3 désigne…
Le numéro 3 est le mors à aiguilles : ses longues branches verticales aident à diriger le jeune cheval.
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Sur la planche, comment se nomme le mors numéro 5 ?
Le numéro 5 est la double brisure, ou mors français : son maillon central supprime l’effet de pince.
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Quelle est la grande particularité d’un mors de filet ?
Le mors de filet agit sans levier : la tension de la rêne se transmet directement à la bouche.
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Quelle embouchure est en général la plus douce ?
Le canon droit, sans articulation, répartit l’appui sur toute la langue, sans aucun pincement.
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À quoi sert un alliage riche en cuivre ?
Le cuivre a un goût qui fait saliver le cheval, pour une bouche plus humide et plus décontractée.
Le mors n’est qu’une pièce du puzzle. Pour le situer, révise les parties du filet, découvre la bride et ses deux mors, et fais le tour des parties de la selle. Pour la pratique, vois comment tenir tes rênes.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un mors de filet ?
C’est la pièce, le plus souvent métallique, placée dans la bouche du cheval sur les barres. Il agit sans effet de levier : la tension des rênes se transmet directement à la langue, aux barres et aux commissures. C’est le mors de base, le plus doux.
Quel mors de filet choisir pour débuter ?
Un mors à olives ou à anneaux, en simple ou double brisure, en acier inoxydable ou en cuivre, d’épaisseur moyenne. C’est doux, stable et adapté à la quasi-totalité des chevaux de club.
Quelle différence entre simple et double brisure ?
La simple brisure a un seul point d’articulation et produit un léger effet de pince quand la main agit. La double brisure ajoute un maillon central qui supprime cette pince, épouse mieux la bouche et répartit l’appui : son action est plus douce.
À quoi servent les aiguilles d'un mors ?
Les aiguilles sont deux longues branches verticales le long de la bouche. Elles appuient sur le côté du chanfrein quand on tourne et empêchent le mors de glisser à travers la bouche. On les utilise souvent pour éduquer les jeunes chevaux à la direction.
Comment connaître la taille d'un mors ?
On mesure la largeur de l’embouchure en millimètres, d’un anneau à l’autre. Le mors doit dépasser d’environ un demi-centimètre de chaque côté des lèvres. Les tailles courantes vont de 125 mm pour un poney à 145 mm pour un grand cheval.
Un mors de filet est-il toujours doux ?
Par nature il est plus doux qu’un mors de bride, mais sa sévérité dépend de sa finesse, de ses articulations, de sa matière et surtout des mains du cavalier. Un mors fin et une main qui tire durcissent l’action, un canon épais et une main légère l’adoucissent.



