Franchir sa première barre, c’est un grand moment de cavalier. Pas besoin d’un gros mur ni d’aller vite : on commence par une barre au sol, puis un petit croisillon, au trot, en confiance. Le Galop 2 t’initie au saut. Le secret tient en une idée simple : c’est le cheval qui saute, ton rôle est de l’accompagner sans le gêner. On voit ici comment t’y préparer, la bonne position, les temps du saut et les pièges à éviter.
Avant de sauter : es-tu prêt ?
Avant le premier obstacle, on s’assure des bases. Tu dois être à l’aise et équilibré au trot et au galop, savoir garder tes talons bas et tenir ta position à cheval sans t’accrocher aux rênes. On remonte les étriers d’un ou deux trous par rapport au travail sur le plat : des étriers plus courts te donnent un meilleur appui dans les jambes pour te tenir au-dessus de la selle.
L’autre prérequis, c’est la position en équilibre, aussi appelée position de saut ou en suspension. Tu l’entraînes d’abord sans obstacle, au pas puis au trot : tu décolles légèrement les fesses de la selle, le poids dans les talons, le buste un peu incliné vers l’avant, les mains posées sur l’encolure. Quand tu tiens cette position plusieurs foulées sans te déséquilibrer, tu es prêt à aborder une barre.
La position de saut

Au-dessus de la barre, tout repose sur quelques points simples. Les talons bas et les jambes au contact forment ton point d’ancrage : c’est ce qui te tient en place. Le buste se ferme vers l’avant pendant que le cheval monte, sans se jeter, et tes mains avancent le long de l’encolure pour suivre le geste de la bouche : c’est ce qu’on appelle la descente d’encolure. Si tu retiens les rênes au-dessus de la barre, tu cognes la bouche et le cheval apprend à détester sauter.
Dernier point, le plus important et le plus oublié : le regard. On regarde loin devant, droit vers la sortie, jamais l’obstacle ni le sol. Le regard porte l’équilibre : baisser les yeux sur la barre, c’est se pencher et perdre sa stabilité. Pour les premières fois, attrape une mèche de crinière ou un collier passé au cou du cheval : tu éviteras de tomber sur les mains et de le déranger.
Les temps du saut
Un saut se décompose en plusieurs temps qui s’enchaînent en une seconde. L’abord est la phase clé : on arrive bien droit, dans un rythme régulier, avec assez d’impulsion, cette énergie qui vient de l’arrière-main. Un cheval qui manque d’impulsion s’arrête ou se dérobe. Vient ensuite la battue d’appel : le cheval pose ses postérieurs et se détend comme un ressort.
Pendant le planer, le cheval s’arrondit au-dessus de la barre et tu restes en équilibre, souple, les mains en avant. À la réception, il repose ses antérieurs : tu amortis dans les genoux et les talons, le buste se redresse doucement. Enfin, à l’éloignement, on repart droit et on reprend une allure régulière. Ton travail, à chaque temps, c’est de rester discret et de laisser le cheval faire son geste.
Les bons réflexes
- Regarder loin devant, droit vers la sortie
- Garder le rythme et l'impulsion à l'abord
- Talons bas, jambes au contact
- Avancer les mains le long de l'encolure
- S'accrocher à la crinière pour ne pas gêner la bouche
- Commencer petit : barre au sol, puis croisillon
Les erreurs du débutant
- Fixer l'obstacle ou regarder le sol
- Ralentir ou couper l'impulsion juste avant
- Se jeter en avant trop tôt
- Tirer sur les rênes au-dessus de la barre
- Se crisper et serrer les genoux vers le haut
- Vouloir sauter haut dès le premier jour
Par où commencer
On ne débute jamais par un vrai obstacle. La progression commence au sol, avec des barres posées par terre que l’on franchit au pas puis au trot, en gardant son équilibre et son rythme. C’est l’occasion d’installer la position de saut sans aucun risque. Quand les barres au sol sont devenues faciles, on passe aux cavalettis, ces petites barres légèrement surélevées qui obligent le cheval à lever les membres.
Vient enfin le croisillon : deux barres croisées qui forment un petit V au centre, faciles à viser et rassurantes. On l’aborde d’abord au trot, qui laisse plus de temps pour se placer, avant de le sauter au galop. Inutile de monter la barre : mieux vaut sauter cent fois un petit croisillon avec une bonne position que franchir un gros obstacle en se crispant. La hauteur viendra toute seule, une fois les automatismes en place.
Sauter son premier obstacle
Se préparer
- Étriers remontés d'un ou deux trous
- Position en équilibre acquise
- Talons bas, jambes au contact
Pendant le saut
- Abord droit, rythme et impulsion
- Mains qui avancent
- Regard loin devant
La progression
- Barre au sol, puis cavaletti
- Croisillon au trot puis au galop
- Commencer petit
Teste tes connaissances
Quiz : sauter son premier obstacle
6 questions-
Avant de sauter, que fait-on de ses étriers ?
On remonte les étriers d’un ou deux trous : plus courts, ils donnent un meilleur appui pour se tenir en équilibre.
-
Où doit-on regarder en franchissant l’obstacle ?
On regarde loin devant. Baisser les yeux sur la barre déséquilibre et fait pencher le cavalier.
-
Que font les mains au-dessus de la barre ?
Les mains avancent pour suivre la bouche du cheval. Retenir les rênes au-dessus de la barre cogne la bouche.
-
Qu’est-ce qui permet au cheval de bien sauter à l’abord ?
À l’abord, on garde un rythme régulier et de l’impulsion. Sans énergie, le cheval s’arrête ou se dérobe.
-
Par quoi commence-t-on l’apprentissage du saut ?
On commence au sol, avec des barres à franchir au pas puis au trot, avant le cavaletti et le croisillon.
-
Qui fait l’effort de sauter ?
C’est le cheval qui saute. Le rôle du cavalier est de l’accompagner sans le gêner.
Le saut s’appuie sur de bonnes bases de plat. Pour progresser, soigne ta position sur le plat, découvre les différents obstacles de CSO et travaille tes figures de manège pour bien tourner avant et après la barre. Et pour réviser le niveau, retourne à la fiche Galop 2.
Questions fréquentes
À quel Galop saute-t-on son premier obstacle ?
L’initiation au saut, sur de petits obstacles au trot puis au galop, est au programme du Galop 2. On y apprend la position en équilibre et le franchissement d’un croisillon en confiance.
Quelle position adopter pour sauter ?
La position en équilibre : fesses légèrement décollées de la selle, poids dans les talons, buste incliné vers l’avant, mains posées et qui avancent sur l’encolure, regard loin devant. Les jambes au contact servent d’ancrage.
Pourquoi mon cheval s'arrête-t-il devant l'obstacle ?
Le plus souvent par manque d’impulsion ou parce que l’abord n’est pas droit. Un cheval sans énergie se dérobe ou s’arrête. On veille à arriver droit, dans un rythme régulier, avec assez d’impulsion venue de l’arrière-main.
Comment ne pas gêner la bouche du cheval en sautant ?
En avançant les mains le long de l’encolure au moment du saut, pour suivre le geste de la tête. Pour les premières fois, on attrape une mèche de crinière ou un collier, ce qui évite de tomber en arrière et de tirer sur les rênes.
Par quoi commencer pour apprendre à sauter ?
Par des barres au sol, franchies au pas puis au trot, pour installer la position sans risque. Ensuite viennent les cavalettis, puis un petit croisillon abordé au trot. On garde des obstacles bas tant que les automatismes ne sont pas acquis.
Faut-il aller vite pour sauter ?
Non. La vitesse n’aide pas, c’est l’impulsion et le rythme régulier qui comptent. On aborde un petit obstacle au trot ou à un galop calme et équilibré, pas en accélérant vers la barre.



